Doboz DVNA : Un synthétiseur à accords et textures, avec une touche d'originalité
Vous savez, ces dernières années, on a vu pas mal de mini-synthétiseurs débarquer, chacun avec son interface un peu barrée ou, du moins, sacrément originale. Je pense aux Monome Norns, au Quadrantid Swarm, aux petites Nanobox de 1010 Music, ou plus récemment au Torso S4. Et comment ne pas citer la toute récente Kalima de Bastl Instruments ? Bref, des machines qui ne se contentent pas d’un clavier noir et blanc classique. Eh bien, voici le DVNA de Doboz, qui s’inscrit parfaitement dans cette lignée en proposant une nouvelle façon d'explorer le son.
L'avènement des microcontrôleurs toujours plus puissants et accessibles a donné un sacré coup de fouet à la création d'instruments alternatifs. On peut toujours râler en disant qu'on ne fait que « jouer » du Raspberry Pi ou du STM32, mais au fond, ce qui compte, c'est l'interface. Est-ce que la machine vous invite à la création, via ses contrôles et ses options, ou est-ce qu'elle vous laisse dans votre zone de confort ? La musique, ce n’est pas qu’une affaire de son, c'est aussi une affaire d'expérience, et c'est cette expérience qui pousse à produire autrement, à se renouveler. D'après ce que j'en vois et les premières démos, c'est un peu ce que promet ce petit DVNA.
DVNA, c'est quoi ?
Le DVNA se présente comme un synthétiseur soustractif à quatre oscillateurs, conçu pour générer des textures harmoniques riches avec, selon le fabricant, un « minimum d'effort ». L'idée est simple : vous jouez une seule note, et le DVNA génère un accord, ou les intervalles de votre choix. On est donc sur de l'entrée monophonique pour des résultats polyphoniques. C'est malin pour un workflow de création rapide.
Pour vous aider dans cette exploration, le DVNA embarque un quantificateur de notes (avec 25 gammes disponibles et la possibilité de choisir la note fondamentale), ainsi que des modes d'accordage variés, allant des voicings d'accords fixes à l'accordage microtonal libre. On va aussi retrouver un filtre multimode stéréo (passe-bas, passe-bande, passe-haut) et un overdrive soft-clip. Pour les effets, vous aurez le choix entre une réverbe ou un délai, mais attention, un seul est actif à la fois. Ce n'est pas la joie de devoir choisir, mais c'est un compromis qu'on voit souvent sur ce type de format compact. Un bitcrusher et un décimateur viennent compléter la section pour ceux qui aiment les sons un peu plus agressifs.
Ce qui me semble particulièrement intéressant, c'est la gestion du mix et du panoramique des oscillateurs. Plutôt que des niveaux individuels, Doboz a opté pour des « systèmes de morphing ». Cela signifie qu'un seul potard peut transformer l'ensemble de votre mix, que ce soit les niveaux ou la spatialisation. Du coup, avec des LFOs dédiés à la forme des oscillateurs, au filtre, au morphing de niveau et au panoramique, vous pouvez créer des mouvements et des textures très évolutives.
L'interaction se fait via un clavier capacitif de 12 touches. Celui-ci répond à la surface de contact de votre doigt, générant un signal de pression continu qui peut être assigné à différents paramètres. C'est un plus non négligeable pour l'expressivité ! Pour ce qui est de la connectique, le DVNA accepte le MIDI via TRS (Type A et Type B), se synchronise au MIDI clock (24-ppqn) et supporte le MIDI CC haute résolution (14-bit). Il intègre 128 presets, une sortie ligne stéréo et une sortie casque stéréo (les deux en jack 3,5mm 🤬), et s'alimente en USB-C (moins de 250mA sous 5V).
Promesse et concessions
Voici une machine qui pique ma curiosité par son originalité. J'ai toujours eu un faible pour les instruments qui nous sortent des sentiers battus. Le DVNA, avec son clavier capacitif et ses modes de jeu inhabituels, semble vraiment inviter à l'expérimentation et les démos sont vraiment sympa. L'idée de l'entrée monophonique pour une sortie polyphonique, c'est pratique quand on cherche à poser des harmonies rapidement sans être un virtuose du clavier. Mais je n'ai jamais trouvé d'appareils qui m'ait vraiment convaincu sur cet aspect. Probablement à cause d'une gestion décevante des voicings et des renversements, la base de la construction des accords. A voir si le DVNA fait mieux, c'est le genre de fonction qui peut être vraiment "casse gueule". Sinon, les systèmes de morphing pour le mixage et le panoramique sont une excellente idée pour la spontanéité, permettant de transformer radicalement le son en peu de manipulations (ça peut aussi être "casse gueule", hein 😅).
Le quantificateur de notes et les différents modes d'accordage sont aussi des atouts majeurs, car ils ouvrent la porte à des explorations harmoniques complexes sans nécessiter une connaissance approfondie de la théorie musicale (ou du moins, en simplifiant grandement les choses). Certes, le fait de n'avoir qu'une seule réverb ou un seul délai à la fois est un peu frustrant, On aurait vraiment envie d'avoir les deux, ça semble être un peu la base. Mais je dois admettre que c'est une concession compréhensible pour un instrument de cette taille et à ce prix. Le DVNA se positionne à 370€, ce qui est dans la moyenne pour une machine de niche offrant une approche aussi singulière. Bref, je trouve qu'il y a de quoi trouver l'inspiration et renouveler sa palette sonore. On jugera sur pièce la profondeur sonore et la solidité de l'ensemble, mais en tous cas les promesses sont là.
Prix et disponibilité
Le Doboz DVNA est affiché au prix de 370,00€. Le site ne précise pas si c'est HT ou TTC, à vérifier avant d'acheter. Le premier lot s'est vendu comme des petits pains, mais un deuxième lot devrait être disponible dès le début du mois de juillet. Soyez à l'affût si la machine vous intéresse, car je vous prie de me croire, les stocks de ce genre de petite pépite partent vite !
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