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Native Instruments : Vers l'acquisition... mais par qui ?

Après des mois de rumeurs et la publication des chiffres abyssaux de leur dette, Native Instruments sort enfin du silence. Un communiqué du CEO qui confirme un processus de rachat engagé, et sans doute une restructuration majeure. Préparez-vous à des changements.

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Vous vous souvenez sans doute de la mauvaise nouvelle qui a secoué la planète audionumérique en janvier 2026, autour de la dette colossale de Native Instruments et l'annonce de leur mise en "insolvabilité préliminaire", une forme de pré-cessation de paiement ? Près de 300 millions de dollars de dettes, ça vous pose un diagnostic financier. Bref, après des semaines de spéculations intenses, la marque de Berlin a enfin brisé le silence par le biais d'un communiqué de son CEO, Nick Williams. Le terme 'acquisition' est enfin prononcé noir sur blanc, on est plus que jamais sur la bonne voie, d'après lui. 

L'heure des grandes manœuvres chez NI

Le communiqué est à lire entre les lignes. Nick Williams y évoque une 'évaluation stratégique approfondie' et la recherche de 'nouveaux partenaires' pour assurer la 'prochaine phase de croissance' de Native Instruments. Des termes diplomatiques pour dire que ça va fortement secouer. Mais qui pourrait donc être ce fameux repreneur ? Et surtout, à quel prix ? Une dette de 300 millions de dollars à éponger, ce n'est pas rien. Pour qu'une acquisition soit viable, il va falloir faire des coupes franches. Du coup, la grande question qui taraude tout le monde, c'est : qu'est-ce qui va passer à la trappe, en emportant une partie - qu'on espère substantielle - de la dette ?

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Native Instruments : Vers l'acquisition... mais par qui ?
Nick Williams, CEO de Native Instruments

Si on se met un instant dans la peau d'un potentiel acquéreur, la logique est implacable : on cherche à absorber une entité en la rendant la plus légère possible. Et là, on peut commencer à avoir des frissons dans le dos. Où se trouve le boulet, chez Native Instruments ? Dans les plugins, les packs de sons qui génèrent des licences ? Probablement pas le plus gros du problème. Mais le hardware, ça, c'est une autre histoire. Le développement, la production, le support, les stocks... C'est une machine lourde à entretenir. J'ai bien peur que ce communiqué ne soit le prélude à un adieu déchirant à une partie du catalogue hardware. Adieu les Komplete Kontrol ? Les Maschine+ ? Les contrôleurs Traktor ?

Il y a aussi la complexité de l'offre logicielle, (trop) bien fournie, qui pourrait être remise en question. Trop de packs de son, trop de vieux plugins, une base de code vieillissante, trop de maintenance pour suivre les mises à jour d'OS, ça coûte cher, ça gonfle les effectifs. On pourrait très bien imaginer un nettoyage de printemps dans ce catalogue, abandonnant certaines références logicielles devenues trop coûteuses à maintenir pour des retours limités (Coucou Massive X et Reaktor). Bref, attendez-vous à ce que l'assiette de dette diminue de manière significative, mais avec des impacts sévères sur les équipes et, in fine, sur l'offre que nous connaissons. Mauvaise nouvelle, sans doute, pour nombre d'utilisateurs et de personnels.

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Native Instruments : Vers l'acquisition... mais par qui ?

On se penche sur la facture

Sur les forums et les réseaux, la communauté s'interroge, analyse et anticipe, comme à son habitude. Et, sans grande surprise, le spectre de la dette est au cœur des discussions. Plusieurs d'entre vous ont déjà creusé le sujet, évoquant cette masse financière qui pèse sur les épaules de l'entreprise. L'hypothèse d'une acquisition visant principalement à 'éponger' cette dette revient souvent, ce qui validerait l'idée que le repreneur cherchera avant tout à rationaliser l'ensemble.

Qui mettra la main sur Native Instruments ?

Alors, après ce constat un peu sombre, la question qui brûle les lèvres : qui a les reins assez solides pour reprendre ce mastodonte de l'audionumérique, avec un tel boulet de 300 millions de dollars au pied ? Car oui, il faut bien être réaliste : personne, dans le monde de l'audio seul, ne peut reprendre ça en l'état sans une restructuration draconienne. J'ai creusé un peu les pistes, et on peut faire quelques conjectures.

Arturia, par exemple, dont le chiffre d'affaires est respectable (55 M€ en 2025 pour 7,6 M€ de bénéfices nets), ne pourrait pas absorber une telle charge. Ce serait un suicide. InMusic (Akai, Denon DJ, M-Audio...) est un poids lourd avec un CA estimé entre 150 et 300 millions de dollars, donc potentiellement intéressé, mais ça reste un gros morceau pour eux. Focusrite Group (Focusrite, Novation, ADAM Audio, Sequential...) tourne autour de 169 millions de livres, une belle entité, mais est-ce suffisant ? Yamaha, avec Steinberg, aurait un intérêt stratégique certain, surtout pour les plugins et packs de sons, mais on connaît leur prudence légendaire pour les acquisitions occidentales.

Et puis, il y a les 'outsiders'. AlphaTheta (Pioneer DJ) pourrait viser la branche Traktor pour renforcer sa position DJ. Roland pourrait enrichir le Roland Cloud avec les sons de NI. Mais celui qui a les épaules, et de loin, c'est Music Tribe, la maison-mère de Behringer. Uli Behringer a la capacité financière. Reste à savoir si les packs de samples et les softs l'intéressent, lui dont l'offre est plutôt orientée hardware et entrée de gamme. Ou alors, carrément inattendu, un géant de la tech comme Samsung, via Harman (JBL, AKG...), qui a déjà un pied dans l'audio. Un scénario moins 'sexy' pour les passionnés, mais crédible.

Pour ma part, le scénario le plus probable que je vois, ce serait un découpage à la hache, un 'hard / soft split'. Une partie du hardware (ou tout !) irait chez un InMusic, par exemple, qui est déjà bien implanté dans ce domaine. Et le software, la partie moins 'lourde' financièrement, pourrait atterrir chez un Yamaha/Steinberg. Ou pourquoi pas un autre acteur qui voit le potentiel d'une telle base d'utilisateurs. Bref, ce ne sont que des conjectures, bien sûr. Mais j'ai hâte, et en même temps une certaine appréhension, de voir ce qui va se passer. Et vous, qu'en pensez-vous ? Qui serait, selon vous, le bon repreneur pour Native Instruments ?

Knarf
À propos de l'auteur
Knarf
Fondateur - Guru in chief

Animateur principal de l'émission, SynthTuber par défaut, Knarf jongle sur une jambe avec des câbles TRS. Il faut dire qu'il sévit depuis bien trop longtemps sur Internet. Knarf réalise également la série MP3 "Les Aventuriers du Survivaure" dont les épisodes sortent environ tous les 182 ans. Son passif d'ingénieur du son de réserve et le fait qu'il soit maintenant très vieux lui confère le plaisir et l'honneur d'animer Les Sondiers.

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